Augmentation mammaire : tout ce qu'il faut savoir Publi

03 Aug 2018 04:45
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� Luna Joulia

La pose de proth�ses mammaires est l�intervention la plus pratiqu�e dans le monde, avec pr�s d�1,8 millions de proc�dures en 2013 (source ISAPS). En France, 400 000 femmes environ auraient d�j� franchi le pas, et la demande reste �lev�e. Ce qu�il faut savoir avant de se lancer.

Se faire poser des proth�ses mammaires n�est jamais une mince affaire : il faut �tre certaine du type de poitrine qu�on d�sire et de son volume, et accepter l�id�e qu�on sera op�r�e au moins une autre fois pour les remplacer, deux � trois fois si on y va � 25 ans. Car une op�ration esth�tique n�est jamais anodine, malgr� des progr�s en anesth�sie et des gestes techniques plus s�rs. Et la question de la s�curit� reste centrale (voir ci-apr�s).

C�EST QUOI, UNE AUGMENTATION MAMMAIRE ?

Une intervention chirurgicale qui consiste � poser des proth�ses mammaires pour augmenter la poitrine. Dans certains cas, cela peut aussi corriger une l�g�re pt�se mammaire, surtout quand la perte de volume est limit�e et cons�cutive � une grossesse ou un amaigrissement. Quand le rel�chement est important, le chirurgien conseillera de faire en m�me temps une plastie mammaire. � Quand le mamelon descend plus bas que le sillon sous-mammaire, il faut aussi remonter le sein �, pr�cise le Dr Bertand Matt�oli, chirurgien esth�tique. Quand l�augmentation souhait�e est peu importante, d�environ un bonnet de soutien-gorge, un lipomodelage est parfois envisag� (voir ci-apr�s).

LA PREMIERE CONSULTATION

- Le chirurgien vous interroge sur vos ant�c�dents m�dicaux et chirurgicaux afin d��carter toute contre-indication comme un trouble de la coagulation, des troubles cardiaques…

- Il examine ensuite la silhouette, le buste, la taille, la forme et le positionnement des seins, la place des ar�oles, la forme du thorax. S�il d�piste une asym�trie, il la signalera car elle risque de se remarquer plus une fois les proth�ses mammaires en place. La tonicit� et l��paisseur de la peau sont essentielles et vont orienter le choix des implants : si elle est de mauvaise qualit�, ils ne devront pas �tre trop gros, donc trop lourds, pour ne accentuer le rel�chement naturel de la poitrine.

- Le chirurgien vous demande quelle poitrine vous aimeriez, et de quelle taille : un point essentiel � d�finir pour �tre satisfaite du r�sultat.

- Il explique quels implants conviennent le mieux et comment il va les mettre en place : il choisira la voie d�acc�s en fonction de son exp�rience et de diff�rents crit�res morphologiques : la voie peut �tre ar�olaire, axilaire (incision dans l�aisselle) ou, plus rarement, sous-mammaire (le chirurgien incise dans le pli situ� sous le sein, la seule solution pour introduire des proth�ses en polyur�thane). Ainsi, les cicatrices seront situ�es dans l�aisselle, autour de l�ar�ole, ou dans le pli sous-mammaire. Il pr�cise aussi s�il placera la proth�se devant le muscle pectoral ou derri�re, c�est � dire en r�tro-musculaire, ou en partie devant et derri�re, une d�cision technique prise en fonction de crit�res comme la minceur ou la qualit� de la peau.

- Le chirurgien d�crit ensuite le d�roulement de l�intervention, les examens � faire avant (mammographie et �chographie), les pr�cautions � prendre : pas d�aspirine les jours qui pr�c�dent, ni de tabac qui majore les risques de complications et de mauvaise cicatrisation. Il informe sur les risques et complications possibles, des plus l�g�res (plis, vagues, cicatrice hypertrophique) aux plus g�nantes (perte de sensibilit�, infection, coque, rupture), jusqu�aux plus exceptionnelles, phl�bite, embolie (voir ci-apr�s). Pour finir, il vous remet le devis, qui inclut le co�t des implants, les frais de bloc op�ratoire, d�anesth�sie ainsi que ses honoraires, accompagn� du consentement �clair�. Deux documents � rapporter sign�s lors de la seconde consultation ou le jour de l�intervention.

LES DIFFERENTES PROTHESES MAMMAIRES

La majorit� d�entre elles sont constitu�es d�une enveloppe en silicone, plus rarement en mousse de polyur�thane, et d�un produit de remplissage. Le chirurgien explique les param�tres � prendre en compte pour choisir le mod�le le plus adapt� au r�sultat d�sir�. � Le choix est compliqu� car il y a plus d�une dizaine de possibilit�s pour un m�me volume en fonction de la forme, de la projection, de la texture �, explique le Dr Matt�oli. En accord avec sa patiente, le chirurgien choisira donc :

- Des implants remplis avec un gel de silicone plus ou moins coh�sif (= dur en langage d�expert), ce sont les plus utilis�s car ils donnent un r�sultat plus naturel que ceux remplis avec du s�rum physiologique, � la vue comme au toucher. En cas de rupture de l�implant, la viscosit� du gel limite la fuite de silicone dans l�organisme. L�avantage du s�rum phyiologique : il est tout a fait inoffensif si la proth�se venait � rompre.

- Des proth�ses rondes, plus rarement des proth�ses anatomiques qui ont la forme projet�e d�un sein. � Elles sont plus utilis�es en reconstruction ou chez les femmes qui ont la poitrine tr�s plate �, remarque le Dr Matt�oli. Leur inconv�nient : si elles se d�placent, il faudra r�op�rer.

- La texture de l�enveloppe en silicone : elle peut �tre lisse, micro-textur�e, textur�e, macro-textur�e.

- La projection : un implant existe g�n�ralement en 3 projections diff�rentes.

LA BON VOLUME

Pas facile d�imaginer ce que peut donner une proth�se de � 300 cc �, le volume moyen pos� en France. � Il faut r�fl�chir honn�tement au genre de poitrine qu�on veut vraiment, pr�vient le Dr Matt�oli. Sinon, on risque d��tre d��u, soit par des seins trop gros, soit par des seins trop petits une fois l��d�me post-op�ratoire d�gonfl�. � Le Dr Volpe� insiste : � La femme doit se demander si elle d�sire quelque chose de classique, d��l�gant, ou si elle est pr�te � assumer un r�sultat qui n�est pas � naturel �. � La plupart des chirurgiens disposent d�implants-tests � glisser dans le soutien-gorge pour se rendre compte du r�sultat. Le mieux est d�apporter un T-shirt blanc col en V, qui donnera une bonne id�e de l�augmentation et de son impact sur le d�collet� et la silhouette.

COMMENT SE PASSE L�OPERATION ?

- Sous anesth�sie g�n�rale. La consultation de l�anesth�siste doit s�effectuer au plus tard 48h avant l�intervention.

- Compter g�n�ralement deux jours d�hospitalisation, dont la nuit qui suit l�intervention.

ON EST COMMENT JUSTE APRES ?

On a mal, surtout quand la proth�se a �t� plac�e derri�re le muscle pectoral, surtout lors de certains mouvements, donc on prend des antalgiques pour soulager la douleur. La poitrine reste gonfl�e 15 � 20 jours, et reste sensible plusieurs semaines. Il peut y avoir des bleus, notamment dans la zone des cicatrices, qui s�estompent dans le mois qui suit. Drains, pansements, bandage, en mati�re de soins post-op�ratoires, chaque chirurgien a ses habitudes mais en g�n�ral, on porte un soutien-gorge de sport, pendant un mois � un mois et demi. La perte de sensibilit� des seins est g�n�ralement passag�re, rarement d�finitive, mais elle peut ne pas revenir compl�tement. Les fils de sutures sont retir�s entre le dixi�me et le quinzi�me jour, sauf s�ils sont r�sorbables. On revoit le chirurgien � 3 ou 6 mois puis � 1 an pour v�rifier que tout se passe bien. Ensuite, on suit le rythme de surveillance conseill� et indispensable en fonction de son �ge, en g�n�ral une fois par an : le mieux est de suivre les recommandations de l� ANSM.

IL FAUT PRENDRE UN CONGE ?

Oui, de quelques jours � deux semaines selon l�ampleur de l�intervention et son m�tier. Il faut attendre un bon mois avant de reprendre le sport, parfois deux : le bon sens invite � prendre l�avis de son chirurgien. Attention, quelle que soit l�activit� physique pratiqu�e, on porte une brassi�re de sport adapt�e d�s la premi�re s�ance.

ON VOIT LE RESULTAT COMBIEN DE TEMPS APRES ?

Juste apr�s, les seins sont gonfl�s donc plus gros que ce qu�ils seront une fois l��d�me disparu dans le mois qui suit. Il faut attendre 3 � 6 mois pour �valuer le r�sultat d�finitif, un an pour la cicatrisation.

CA COUTE COMBIEN ?

De 4000� � 7000� TTC

LE REMPLACEMENT DES PROTHESES MAMMAIRES

On ne sait jamais � l�avance quand on devra les changer, 10 � 15 ans plus tard. Ce remplacement devra �tre effectu� bien avant en cas de probl�me, par exemple une rupture de l�implant ou une coque.

LE PROBLEME DES COQUES

Cette complication n�est pas rare : selon les �tudes, le risque est �valu� de 2% � 20%. Le risque semble plus faible avec les proth�ses micro-textur�es (2% � 5%) ou en polyur�thane : ces derni�res, tr�s utilis�es en Am�rique du Sud, ne le sont pas du tout aux Etats-Unis et peu souvent en France, notamment parce qu�elles font une poitrine tr�s ferme.

� Il existe quatre stades de coques, tous ne n�cessitent pas une r�intervention �, pr�cise le Dr Charles Volpe�, pr�sident 2015 de la Sofcep, Soci�t� fran�aise des chirurgiens esth�tiques plasticiens :

- au stade 1, � la contraction capsulaire est uniquement d�tectable par le chirurgien. �

- au stade 2, � le d�faut est palpable mais non visible. �

- au stade 3, � la coque est visible et devient g�nante. �

- � au stade 4, la coque est douloureuse. Dans ce cas, il y a plusieurs possibilit�s qui n�cessitent toutes de r�op�rer, soit pour retirer la proth�se et la remplacer par une autre de texture diff�rente, soit pour �ter la coque, soit pour modifier ou agrandir la loge dans laquelle est plac� l�implant. �

PROTHESES MAMMAIRES ET CANCER

Plusieurs �tudes ont montr� l�absence d�augmentation du risque de cancer du sein chez les femmes porteuses d�implants mammaires. Une information tr�s compl�te est disponible sur le site de l�ANSM, Agence nationale de s�curit� du m�dicament et des produits de sant�.

La r�cente divulgation du risque de Lymphome anaplasique � grandes cellules associ� � un implant mammaire (LAGC-AIM), a fait l�objet de plusieurs r�unions d�experts. Pour �valuer � l�imputabilit� �ventuelle de certaines proth�ses dans l�apparition de LAGC �, l�ANSM a cr�� un comit� scientifique sp�cialis� temporaire, dans le cadre du plan d�action coordonn� par le Minist�re des affaires sociales. Les donn�es manquent en effet sur ce type de cancer extr�mement rare (19 cas sur 400 000 porteuses d�implants mammaires � ce jour), et sur le type d�implants qui pourrait �tre impliqu� dans sa survenue : il semble que les mod�les � enveloppe macro-textur�e soient plus nombreux dans les cas d�clar�s. Mais en l�absence de preuves formelles de leur implication, aucune interdiction n�est pour le moment envisag�e. Le Directoire professionnel des plasticiens a publi� un communiqu� le 17 mars dernier sur plasticiens.fr, le site de la Sofcep. � Si le sujet est pr�occupant, il faut toutefois garder le sens de la mesure et ne pas inqui�ter inutilement la population. La fr�quence du LAGC est si faible que le risque est encore tr�s difficile � quantifier. (�) Ce risque est si faible qu�il ne justifie aucune explantation pr�ventive, quel que soit le type et l��ge de l�implant. � N�anmoins, les chirurgiens sont d�sormais tenus d�informer les patientes de ce risque, comme de tous les risques graves m�me rarissimes li�s � l�anesth�sie et � l�intervention.

Plus d�informations sur le site de l'ANSM et sur le site du minist�re des Affaires Sociales, de la Sant� et des Droits des femmes.

LA QUALITE DES IMPLANTS

M�me si le scandale des implants P.I.P. frauduleusement remplis de gel de silicone non conforme � la l�gislation n�avait pas eu lieu, toute candidate � l�augmentation mammaire s�interroge forc�ment sur la qualit� des implants qu�elle va recevoir. Elle doit pouvoir poser toutes les questions qui la pr�occupent sur ce point au chirurgien, de pourquoi il a choisi cet implant � pourquoi un mod�le de cette marque l�. Depuis 2011, l�ANSM multiplie les contr�les de fabricants et distributeurs et vient d�annoncer une campagne de surveillance renforc�e, en raison notamment du risque de LAGC-AIM (lymphome anaplasique � grandes cellules associ� � un implant mammaire).

LE LIPOMODELAGE, CA MARCHE POUR QUI ?

Il s�agit de pr�lever de la graisse, au niveau du ventre, des cuisses ou de l�int�rieur des genoux, de la centrifuger puis de la r�injecter goutte par goutte dans la poitrine, voil� pourquoi on parle de � fat grafting � ou de micro-greffes de graisse ou encore de lipofilling. � Une technique pour le moment r�serv�e aux patientes de moins de 35 ans et sans ant�c�dent direct de cancer �, pr�cise le Dr Volpe�. Ce lipomodelage permet une augmentation qui n�exc�de pas une taille de bonnet. augmentation mammaire 360cc retouches sont parfois n�cessaires six mois plus tard pour corriger une asym�trie de r�sultat ou un r�sultat insuffisant car une partie de la graisse greff�e fond, et qu�il faut donc parfois en rajouter. Cette technique s�utilise aussi en compl�ment de proth�ses mammaires. � C�est une arme anti-petits d�fauts, pr�cise le Dr Volpe�, on peut mettre de la graisse pour adoucir le d�collet�, r�duire l�espace entre les deux seins ou masquer des vaguelettes et imperfections �. Pour dissimuler par exemple le bord d�implants visibles chez une femmes tr�s mince.

LA BONNE INFORMATION

Un premier rendez-vous doit apporter les �l�ments n�cessaires pour prendre sa d�cision en toute connaissance de cause. Avec le d�lai l�gal de r�flexion obligatoire de quinze jours, la date de l�intervention sera fix�e au del�, souvent lors d�une deuxi�me consultation. C�est toujours mieux de consulter un second chirurgien pour prendre un autre avis. La Sofcpre, soci�t� fran�aise de chirurgie plastique reconstructrice et esth�tique et la Sofcep mettent chacune � disposition sur leur site une fiche d�taill�e sur les proth�ses mammaires.

LE BON CHIRURGIEN

- Il a la comp�tence en chirurgie plastique, reconstructrice et esth�tique. A v�rifier sur l�annuaire du conseil de l�ordre.

- Il a op�r� une amie ou connaissance ravie du r�sultat. A moins que le courant ne passe pas avec lui, et il faut savoir se fier � vos intuitions

- Il vous inspire confiance, a �cout� et compris ce que vous vouliez, signe qu�il saura aussi r�pondre et rassurer apr�s l�intervention, y compris en cas de complications.

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